Eaux-de-vie et liqueurs
Williamine, Abricotine AOP, CŒUR, Douce de, liqueurs de plantes, marc de Dôle. Douze kilos de fruit pour un litre.
Voir la matièreMartigny, Valais — 1889
Quatre générations, une soixantaine de personnes, douze kilos de poires pour un litre. La même maison, à la même adresse, sur la même matière première.
La salle de distillation, Place de Plaisance
01 — Ce que la maison fait
L’eau-de-vie a fait le nom. Le sirop fait aujourd’hui la moitié du chiffre d’affaires. La boutique et les visites tiennent les deux ensemble.
Williamine, Abricotine AOP, CŒUR, Douce de, liqueurs de plantes, marc de Dôle. Douze kilos de fruit pour un litre.
Voir la matière
Plus de cinquante arômes, la grenadine de la maison, la gamme bio, les cocktails sWiss. Depuis 2022, le sirop rapporte plus que les spiritueux.
Voir ce que le verger devient
Place de Plaisance, du lundi au samedi. Dégustations et visites de groupe sur réservation.
Venir02 — La matière
Les poires Williams viennent du Valais. Cueillies à la main, triées à la main, broyées, puis fermentées dix à trente jours avant d’être distillées.
Il faut douze kilos de fruit pour un litre de Williamine à 43 % vol., près de vingt pour un CŒUR. La maison exploite ses propres vergers d’abricots Luizet sur les coteaux de Saxon et achète le reste aux arboriculteurs de la vallée : l’eau-de-vie AOP est un débouché pour le verger.
L’Abricotine et la Williamine sont des eaux-de-vie AOP : provenance des fruits, fermentation et distillation en Valais, dégustation à l’aveugle et analyse chimique avant l’appellation.
Douze kilos de poires Williams du Valais pour un litre d’eau-de-vie à 43 % vol.
03 — La distillation
La distillation se fait dans des alambics Holstein en cuivre, avec une colonne de rectification à trois plateaux. Elle est très lente.
Les premières vapeurs, les têtes, sont écartées. Les dernières, les queues, aussi. Seul le cœur de distillation est conservé, la partie la plus aromatique.
L’eau-de-vie titre alors plus de 70 % vol. Elle repose six à huit mois en cuve, puis est réduite à 43 % pour la Williamine, 41 % pour le CŒUR.
04 — Quatre générations
Louis Morand ouvre sa distillerie à Martigny-Combe à 22 ans. Son fils André reprend en 1921, son petit-fils Louis en 1958. La quatrième génération est aux commandes depuis 2004.
Une distillerie à Martigny-Combe, un an en association avec son frère Auguste. Marc de raisin, absinthe, génépi, liqueurs.
La distillerie s’installe en ville de Martigny, dans les locaux qu’elle occupe encore.
À 26 ans, il reprend la maison après la mort de son père. Il agrandit la gamme et développe la distribution de boissons.
Il distille la poire Williams, rachète le nom à la distillerie de Saconnex-d’Arve, dépose la marque en 1953, la fait protéger internationalement en 1956.
Un label de qualité commun avec la Maison Germanier, à la fin des années 1960, précède les dossiers AOP.
Poire du Valais en 2001, Abricotine en 2003. La maison participe aux dossiers qui fixent la règle de sa catégorie.
Restructuration et nouveaux marchés. La distribution est cédée en 2015 ; Rostal Herbes Aromatiques Grand-St-Bernard est rachetée la même année.
Le troisième de la lignée s’éteint le 6 juin, à 97 ans.







05 — Le nom
Les vergers de poiriers Williams gagnent du terrain en Valais. Le mot passe dans la langue courante : on demande une Williamine sans savoir qu’on nomme une marque.












06 — Ce que le verger laisse
Une année de récolte normale produit environ 46 000 kWh de chaleur à partir des noyaux, soit 9,5 % des besoins thermiques de la distillerie. La chaleur de la distillation chauffe les bâtiments en hiver.
Pl. VII — Le triage des poires vers 1960 : André Morand et Olivier Vocat devant le tapis de triage.
Produits par les noyaux d’abricots, vers le chauffage à distance de la Ville de Martigny.
Acheminées à la station d’épuration de Martigny, converties en biogaz.
Entre Sierre et Monthey, avec KargoBike, train compris.
En situation de handicap, dans deux ateliers, depuis 2015, avec la FOVAHM.

07 — Venir
La boutique tient toute la gamme : eaux-de-vie, liqueurs, sirops, coffrets, tisanes et épices du Grand-St-Bernard. Les visites se réservent, et se terminent par une dégustation.
| Lundi au vendredi | 09.00 – 12.00 · 13.30 – 18.30 |
|---|---|
| Samedi | 09.00 – 17.00 |
| Dimanche | fermé |
À propos de cette page
Cette page est une proposition faite à la Distillerie Morand à partir de ses contenus publics. Les trois formules, du forfait à CHF 1'200.– aux supports complémentaires, sont sur une page dédiée.
Ce que la maison devient
En 2022, pour la première fois, le sirop a rapporté plus que l’eau-de-vie. La maison a trouvé un avenir dans un produit qu’elle fabriquait déjà en 1889 sans le mettre au premier plan.
Elle vend aujourd’hui des sirops à ceux qui ne boivent pas, des cocktails à ceux qui boivent peu, et des eaux-de-vie AOP à ceux qui savent ce qu’elles valent. Trois publics, une seule matière première : le verger valaisan.
Ce qui reste à trancher n’est pas une affaire de gamme. C’est ce que Morand met sous son nom : la bouteille qui a fait sa réputation, ou la maison qui fait vivre une soixantaine de personnes. La réponse engage les prochains cent trente ans.